Ce site est dédié au sanskrit, à la langue divine, daivī vāk, et à l’Inde éternelle, qui m’ont nourrie, éclairée et enchantée tout au long de ma vie.
Pour cela, vous découvrirez le sanskrit dans les pages de Sanskritam Sukham avec une présentation de l’alphabet sanskrit, des descriptions et analyses des textes sacrés de l’hindouisme des Veda, aux Upanishads.
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Des articles sur l’Inde et le sanskrit, vous permettent d’explorer notre intérêt commun pour la Tradition, du Veda au Tantra, notre amour du sanskrit, et nous permettent de participer au grand jeu cosmique.
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Les livres écrits, traduits et commentés par mes soins et édités par la maison d’édition Editions Amhollved, vous permettront de goûter la saveur, le rasa, d’une langue admirable. Véritable guru, qui nous initie par les Textes porteurs de lumière et de sagesse, et par les vibrations sacrées des mantra. Pour cela, rendez-vous dans notre page Boutique.
Article écrit par Dîpa Hélène Marinetti et paru dans la revue Linga N° 36
Introduction au Cours d’initiation au sanskrit CIS
Le SANSKRIT, cet extraordinaire instrument de culture, d’investigation spirituelle et de communication, fut longtemps « lingua franca » en Asie, comme le latin en Europe, au Moyen-Age.
Aujourd’hui, parlé seulement par quelques milliers d’érudits indiens, professeurs et religieux, le sanskrit est cependant encore bien vivant, comme support de la tradition hindoue, à laquelle on peut l’identifier.
Et de fait, en Inde, dans les temples et les ashrams, mais aussi à l’intérieur des maisons et sur les places publiques, on entend chanter, prier, psalmodier en sanskrit.
Les grands textes épiques sont inlassablement récités et représentés.
Pour nous, Européens, même amoureux de l’Inde, même pratiquants du Yoga, la langue sacrée semble d’un abord tellement difficile que l’intérêt de la connaître n’apparait pas clairement. Et pourtant, à plus d’un titre, et avec quelle puissance inégalable, le sanskrit est une langue qui nous ressource, en nous reliant à l’unité, une continuité « la résonance indo-européenne », et qui ouvre notre conscience à des dimensions inhabituelles du langage.

Il ne fait aucun doute que le sanskrit présente un certain nombre de difficultés : un alphabet riche de 48 lettres, des règles phonétiques qui transforment profondément les mots, une variété confondante de déclinaisons et de conjugaisons. Toutes ces particularités, et bien d’autres, risquent de décourager le débutant. Mais l’ascèse grammaticale, si elle est bien conduite, se transforme vite en plaisir de découvrir une langue parfaite, exact du mot « sanskrit ».
La connaissance du sanskrit présente aussi cet intérêt de renouveler et approfondir notre compréhension de la langue française, ou de tout autre langue de la famille indo-européenne, en éclairant les structures anciennes au cœur des mots les plus familiers.
Mais il serait dommage de ne s’en tenir qu’au seul aspect linguistique, si remarquable soit-il. Ce serait rester à l’extérieur du temple.
Pour bien comprendre le sanskrit, il faut aussi le goûter, en extraire les sonorités, le faire résonner et vibrer au fond de notre gorge, de nos centres vitaux. Car c’est une langue sacrée, dépositaire de la Connaissance révélée, le VEDA. Et comme telle, elle purifie, transforme, harmonise. Ses rythmes et ses vibrations, s’ils sont transmis par un Maître, suffisent à illuminer le disciple qui est prêt.
Ces vibrations sacrées sont porteuses de vérités éternelles, d’enseignements qui s’adressent à tout chercheur spirituel.
Qui n’a été saisi par aucune de ces formulations upanishadiques, qui disent tout, qui disent le TOUT en quelques syllabes éclatantes :
TAT TVAM ASI : TU ES CELA
Une conséquence naturelle de ce statut de langue sacrée, et qui la rend si fascinante, est aussi le développement considérable de la connaissance et de la maîtrise de l’énergie de la PAROLE, portée à son point culminant dans l’élaboration des MANTRA.
L’Inde hindoue, de la période védique (2000 ans avant notre ère) à l’époque moderne, est née de la conjonction de cette langue admirable et d’une intuition spirituelle constamment renouvelée.
Même s’il nous paraît très éloigné dans l’espace et le temps, le sanskrit ne nous est pas étranger, puisqu’il fait partie, comme le français, de l’immense famille des langues indo-européennes.
L’histoire nous rappelle que les Aryens, ce peuple migrateur fort entreprenant venu des Hauts Plateaux d’Iran, se disséminèrent vers l’Est en Inde, et vers l’Ouest en Europe, vingt siècles avant notre ère.
De l’Inde à l’Irlande, en passant par l’Oural, la très grande majorité des langues anciennes et modernes sont issues de cette langue commune aryenne, non attestée par des textes, mais reconstituée par des comparaisons entre les langues apparentées, et appelée indo-européen par les linguistes. (Très peu d’exceptions à cette origine indo-européenne : citons le basque, le hongrois, le lapon, le finnois, divers parlers locaux de Russie).
Le sanskrit est issu de cette souche linguistique, tout comme le gotique et le slave, le latin et le vieux-perse.
Mais il occupe une place privilégiée dans cette grande famille, celle d’une aînée très proche de la langue-mère par son antiquité, et exemplaire par la richesse et la pureté de sa morphologie.
Notre langue, qui est du latin transformé, comme les autres langues romanes, se trouve à l’autre bout de la chaîne linguistique, et cache, sous le vernis changeant que l’usage a déposé, l’empreinte primitive indo-européenne. Pour nous relier à cette origine, le sanskrit s’impose comme un jalon précieux, irremplaçable des racines affleurantes.
Voici quelques exemples pour nous éclairer :
Une résonance familière : Ainsi, le doux mot de SOURCE, cherchons-en l’origine.
Venu de l’ancien français SOURS (participe passé du verbe « sourdre »), lui-même issu du latin « surgere », qui a donné aussi « surgir », ce mot s’est coulé, on le voit, dans le moule exact d’une racine primitive, attestée dans la racine sanskrite SRJ (prononcez sridj). Cette dernière signifie, comme l’indiquent presque ses sonorités, « jaillir, créer », et le substantif issu de cette racine, srsti (prononcez srishti), désigne la création du monde, avec cette valeur très indienne de projection d’énergie jaillissante.
On retrouve dans SOURCE, comme en décalque, la structure première : le S, le R (sous sa forme vocalique R-ri en sanskrit), et une autre sifflante C, issue de la palatale ancienne J.
Notre mot, un peu timide, n’est-il pas magnifié par cette « naissance latente » ? Il est bon de savoir que, secrètement, au cœur du mot, couve la force créatrice de la racine première.
Tant de mots se font écho, d’un bout à l’autre de la chaîne :
Créer et Karma (racine kar, faire),
Joug et Yoga (racine yuj, unir),
Voix et Vac (racine vâc, parler),
Dieu et Deva (racine div, briller)…
Le sanskrit offre toujours clarté de structure et supplément de sens, car il forme ses mots à partir d’une racine, porteuse d’un sens d’action, en général. Cette racine, syllabe unique composée d’une ou plusieurs consonnes stables (les voyelles sont changeantes), se retrouve, plus ou moins transformée et reconnaissable, dans les autres langues indo-européennes.
Par exemple, dans le ciel indo-européen, « ÉTOILE » se dit tārā en sanskrit, setare en persan, aster (grec), stella (latin), estrella (espagnol), star (anglais), sterne (allemand).
On peut constater qu’une séquence commune, composée d’un T précédé ou non d’un S, et suivi d’un R ou d’un L, s’est différemment transformée, suivant les lois phonétiques propres à chaque langue.
Mais le sanskrit nous mène plus loin encore, car nous savons par lui que la racine tar, d’où vient tārā, signifie « traverser, faire traverser ». Ainsi, le sens profond se révèle : l’étoile, dans sa traversée du ciel, nous sert de guide sur les chemins de la terre et des mers.
On voit, par ces exemples qu’on pourrait multiplier, combien le sanskrit résonne dans notre langue.
Attraper cette résonance-là n’est pas pur exercice grammatical qui étale un vain savoir. Il y a une certaine grandeur dans ce jeu des filiations qui élargit jusqu’à l’infini notre espace linguistique. Tout d’un coup, notre langue familière recèle des profondeurs insoupçonnées ; on se retrouve plus riche qu’on ne pensait, et plus noble aussi, car relié à une tradition immense.
Si nous voulons explorer plus avant la profondeur secrète de cette résonance, il s’avère nécessaire d’évoquer l’étonnante histoire du sanskrit, et surtout d’entrer dans le mythe, de suivre une pensée inspirée qui n’a jamais cessé de s’interroger sur le sens et la valeur des sons, des lettres et du langage.
Nous touchons ici à la dimension sacrée du sanskrit, langue divine, daivî vak, comme aiment à rappeler les Indiens.
La grammaire, en ces temps reculés, était considérée comme une voie de salut, car elle avait pour tâche de préserver la pureté de la langue sacrée du VÉDA, des rituels et des enseignements spirituels.
Une stricte tradition orale maintenait, de Maître à disciple, l’orthodoxie des prononciations et des rythmes védiques. Mais la langue évoluait et risquait de se pervertir.
Vers 400 avant notre ère, un grammairien de génie, Pānini, héritier des travaux de ses prédécesseurs, fixa définitivement les règles de la langue sacrée, qui devint alors « sanskrit« , c’est-à-dire « bien composée, ramassée, élaborée, parfaite », et se maintint sous cette forme dite classique durant vingt-cinq siècles.
Les formes dégradées de la langue pure, appelées prakrits, se régionalisèrent en dialectes, qui donnèrent naissance aux diverses langues modernes de l’Inde du Nord.
Mais pour bien fonder le caractère sacré de la langue qu’il décrivait avec une si haute technicité, Pânini se servit d’un beau mythe qui illustre la naissance divine de l’alphabet sanskrit : le dieu Shiva, au cours de sa danse cosmique, frappa son tambourin en forme de sablier, le damaru, selon quatorze rythmes différents, qui firent apparaître les 43 phonèmes principaux de l’alphabet sanskrit, en quatorze formulations successives (appelées Maheshvari Sutrani ou aphorismes du Dieu suprême, cités au début de la grammaire paninéenne).
D’autres mythes, d’inspiration tantrique, associent l’apparition des phonèmes à la création, ou plutôt la manifestation des mondes, chaque lettre représentant un aspect de l’énergie créatrice.
Les Sages, à l’œil suprême et à l’oreille absolue, qui édifièrent ces mythes, avaient compris que tout est vibration, que le son est énergie créatrice, de même que les lettres, les syllabes et le langage.
Cette intuition métaphysique s’accompagne naturellement, puisqu’on est en Inde, d’une pratique spirituelle connue sous le nom de mantrique, ou mantra-yoga, en laquelle éclate et se confirme la spécificité du sanskrit.
L’alphabet sanskrit, considéré comme une réserve de vibrations phoniques, est utilisé par les Maîtres pour composer des mantras, ces formules diversement longues, chargées d’une puissance vibratoire particulière et d’une efficacité correspondante.
Sans entrer dans cette Tradition très ésotérique, qui met en œuvre des rituels complexes et se pratique sous la direction d’un Guru, il n’est pas interdit de chanter certains mantras à caractère universel — tel le OM —, pour découvrir cet aspect particulier au sanskrit, d’une langue purifiée à l’extrême. Elle se transcende elle-même et ne se manifeste plus que dans ses énergies vibratoires.
Alors se révèlent les qualités intrinsèques du sanskrit, par la répétition des syllabes sacrées, qui engendre une sorte de massage énergétique très subtil, et ouvre des espaces profonds, illuminés par la douce percussion des vibrations sonores. La vibration intérieure s’unifie, s’harmonise avec le rythme du chant, et le silence qui suit nous fait entrer dans la vibration universelle, dans l’harmonie du TOUT.
C’est l’expérience vivifiante que procure la langue des mantras.
Parfaite… Sacrée… Divine… Cette langue, « si pleine, si dense, si investie de pouvoirs » (Satprem) semble d’une autre essence.
Elle amplifie et sacralise la vibration apparue en un temps très lointain, quelque part en Orient, et qui se poursuit dans notre langue.
Elle nous permet d’entrer dans le Temple pour écouter les Enseignements.
Elle jaillit de l’infini, comme le suggèrent les mythes, pour nous ramener à l’infini, sur l’aile des mantras.
Elle est SOURCE, d’une éternité qui éveille.
Hélène MARINETTI, dite Dīpa en sanskrit.
« Les hommes prudents savent que les mantra sont de 4 sortes : éprouvés, secourables, réalisés et ennemis » (Vishvasâra Tantra).
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